Les coûts, une dérive agile ?

eurosDans ma stratégie de développement de mon entreprise, j’essaye de travailler pour des clients finaux et au minimum pour des SSII … surement parce que c’est un monde que je connais bien 🙂

Je n’ai rien contre les SSII sur le fond et je sais que c’est un travail difficile, mais lorsque les SSII se mettent à parler d’agilité, à part quelques unes qui savent de quoi elles parlent, pour les autres c’est du grand guignol … ou plus bassement un vil intérêt financier !

Mes clients et prospects me font écho des 2 points suivants, que je considère comme une réelle dérive et j’en détaille les raisons dans la suite de cet article :

  1. Demande d’augmentation des coûts journaliers
  2. Promesse de réduction des coûts globaux

Une dérive similaire a été constaté à la fin des années 90 aux USA et a conduit beaucoup de société a abandonner l’agilité suite à des échecs, souvent du fait d’un mauvais conseil. La bonne nouvelle est que ce n’était que temporaire et que ces mêmes sociétés ont retenté l’expérience à la fin des années 2000, en s’appuyant sur des coachs confirmés, avec de belles réussites.

Clients, faites donc bien attention aux miroirs aux alouettes et choisissez bien votre coach !

Coûts Journaliers

Ce sujet est revenu 4 fois depuis mi-avril lors de mes discussions avec les clients et toujours sous la même forme : « Notre fournisseur XXX nous affirme que le tarif d’un équipier agile est plus cher, qu’en pensez-vous ? ».

Je réponds généralement qu’un équipier agile est souvent expérimenté et de ce fait plus cher qu’un débutant, mais qu’être un équipier agile n’est rien de moins ni rien de plus que d’être un simple équipier (dans le sens membre d’une équipe).

L’équipier agile va devoir travailler en équipe, être pro-actif, honnête et courageux … franchement, pourquoi un client prendrait un équipier dans un contexte traditionnel qui ne dispose pas de ces compétences ? Sous prétexte que le Chef de Projet s’en débrouillera ?

Si l’équipier agile est très bon techniquement, alors il sera également vendu plus cher en mode traditionnel (par exemple comme expert, vous pouvez faire confiance aux commerciaux, ils sont généralement bons !) donc pas de raison que l’agilité augmente les prix.

Mais en conclusion je dis également à mes clients qu’il y a eu un positionnement excessif des coûts journaliers des sous-traitants vers le bas depuis plusieurs années (voir plus de 10 ans) et qu’il est de bonne guerre pour les SSII d’essayer de justifier une augmentation des coûts du fait de l’agilité … même si rien ne le justifie !

Réduction des coûts

Lorsque Jeff Sutherland affirme que l’agilité réduit fortement les coûts des projets et donne des éléments financiers concrets sur des projets qu’il a lui même piloté, je serais tenté de le croire … quoique, cela me semble un peu trop beau ?

Lorsqu’un fournisseur affirme à ses clients que l’agilité va réduire leurs coûts de 30% ou plus, il dit simplement ce que le client veut entendre et rien de plus ! Il faut beaucoup de courage pour dire le contraire et risquer de perdre le contrat.Certains fournisseurs se couvrent en ajoutant « cette réduction ne sera obtenue que si l’agilité est mise en place correctement » ce qui dénote une forte malhonnêteté de leur part, puisque l’on trouvera toujours un petit quelque chose de travers … et on retombe dans la justification contractuelle qui a fait les belles heures des approches traditionnelles et des Chefs de Projets.

Je crois beaucoup plus au fait que l’agilité augmente la productivité, ce que confirme l’enquête faite par VersionOne en novembre 2009, de même que la possibilité de gérer le changement, une meilleure visibilité, l’alignement des objectifs IT et business, le moral de l’équipe et la réduction du time-to-market et donc une augmentation de la satisfaction des clients.

En conclusion de ce point, je dirais que ce que j’ai constaté sur les projets que je coach est que la réduction des coûts est une conséquence et non un objectif ! Elle n’est pas automatique, bien que fréquente, mais par contre les autres bénéfices mentionnés sont eux systématiquement obtenu, ce qui justifie déjà pleinement l’utilisation de l’agilité

6 réflexions sur « Les coûts, une dérive agile ? »

  1. Bonjour,
    juste un petit mot sur la réduction des coût de N% :
    Le seul élément qu’une SSII doit mettre en avant est la réduction du gaspillage du budget sur des features non souhaités.

    Par rapport à un projet en V, où tout est figé après la phase de spec (donc on peux développer des fonctionnalités qui ne correspondrons plus en fin de projet), en Agilité nous ne développons pas les features qui ne sont plus prioritaires ou plus nécessaire dans le busness plan.

    Cela permet de produire plus de valeur ajouté pour nos clients, donc une économie théorique de N% sur le budget global du projet.

  2. Yannick, je suis d’accord avec ton approche qui consiste à dire que comme on en fait moins, pour de très bonnes raisons, cela coûte moins cher 🙂

  3. Bonjour Alexandre et Yannick,

    Point important sur les gains : l’énergie du client (et aussi celle du prestataire).
    Combien de fois avons-nous passé des heures à discuter, négocier, marchander et argumenter sur tel ou tel fonctionnalité est une évolution ou un Bug ?

    En Agile, on n’a pas ce problème (Davantage la collaboration avec le client que la négociation de contrat.)

    Reste des problèmes de communication :
    1/ Scrum n’est pas MAGIQUE.
    2/ Arrêtez de vendre une vélocité de 100%
    3/ Laissez 3 Sprints pour voir à quelle vitesse roule votre équipe.

    Malheureusement, on parle de Gagnant-Gagnant depuis tant d’année qu’il va falloir trouver une autre formule même si celle-ci est réelle pour Scrum.

    ++

    Cyrille

  4. Suite de mon message. Je peux vous assurer que les études sur les réductions de coûts d’un projet sont tres complexes et je pense que plus l’on dit que cette réduction est globale plus c est compliqué à démontrer.
    Lorsque qu’une société confit à un prestataire le developpement d’un projet en agile elle est sur d’avoir un projet qui correspond à son besoin (technique/fonctionnel etc..). Pour la démonstration des gains et la réduction des coûts, je suis curieux de voir.
    Je crois également que Alexandre raison quand il dit : »la réduction des coûts est une conséquence et non un objectif ». Je pense que souvent les clients utilisent la réduction de cout comme justification aupres de leur management pour passer en mode « agile » du coup (sans jeu de mots) les managers veulent voir une réduction de coût. La conséquence devient l’objectif…et c est en gal la fin du gagnant/gagnant.

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