Certification … poil aux arpions !

Et ca continue dans le domaine de la certification Agile … comme quoi c’est vraiment un business très juteux.

Depuis plusieurs années, la Scrum Alliance propose, moyennant finances, une formation de CSM (Certified Scrum Master) sur 2 jours. Petite  amélioration dans le process depuis 1 an, il ne suffit plus de payer les 2 jours de formation pour être certifié, il faut également remplir un questionnaire et obtenir une bonne note. Pour votre info, je connais quelques CSM qui étaient absents lors de leur formation en 2008 (pour cause de maladie) et d’autres qui n’ont pas eu la note minimale en 2010, mais qui sont référencés comme CSM par la Scrum Alliance  … bonjour le sérieux.

Après avoir cautionné ces pratiques durant de nombreuses années, Ken Schwaber s’est finalement fâché avec la Scrum Alliance et s’en est éloigné. En bon Business Man, il s’est empressé de créer Scrum.org et de mettre en place une nouvelle certification PSM (Professional Scrum Master) et ses déclinaisons multiples et variées. C’est vrai qu’il serait dommage de s’arrêter lorsque le pognon est à portée de main et que le Business Model est si facile à décliner (car qui oserait remettre en cause le jugement de Mr Schwaber).

Aujourd’hui, le PMI annonce un programme de certification Agile dont le nom ne sera révélé que plus tard (Cf. PMI Agile Certification). La lecture des raisons invoquées par le PMI pour se faire certifier me font hurler de rire … ou de désespoir … selon mon humeur du moment.

Bref, cela ne va pas simplifier la vie des donneurs d’ordre et des recruteurs, car ils avaient déjà du mal à comprendre que la certification ne garantissait aucunement la compétence agile de la personne certifiée, et maintenant il va falloir en plus qu’ils comprennent qu’il y a plusieurs certifications et qu’elles n’ont pas la même valeur (Le PMI indique clairement dans le document pourquoi sa certification à lui est meilleure que celle des autres … du grand n’importe quoi … et j’attends les arguments des concurrents qui ne devraient pas tarder à venir … pour continuer à ricaner !).

Mais après tout, rien n’oblige les sociétés qui organisent ces certifications a de la transparence et de l’honnêteté vis-à-vis des donneurs d’ordre … tant que ceux-ci payent rubis sur l’ongle la certification. Après tout, le business est prioritaire et les valeurs agiles censées être véhiculé lors de ces certification passent en priorité plus faible … nous parlons EUROS … soyons donc un peu sérieux.

Et bien je ne suis pas du tout d’accord, les valeurs passent avant tout autre chose, à bon entendeur, salut 🙂

5 réflexions sur « Certification … poil aux arpions ! »

  1. Il est possible de bien se former en multipliant les lectures, d’un autre côté rien ne remplace les expériences professionnelles. Mais lorsque l’on débute, même si la certification ne garantit pas la compétence agile de la personne certifiée, cela semble tout de même une étape à passer pour obtenir ses premières expériences professionnelles …

    La certification m’importe peu, mais je souhaite vraiment multiplier mes expériences dans l’agilité. Sans certification (j’hésite à employer ce mot après ton billet 🙂 ) cela me semble difficile, alors que faire d’autre que de se plier au système ?

    D’un autre côté, si la certification m’importe peu, je pense qu’elle peut m’apporter beaucoup grâce aux échanges avec les différentes personnes qui la suivront …

    Alex : Attention à ne pas confondre Certification et Formation !
    A mon avis la Formation est indispensable et donne les bénéfices attendus, alors que la Certification véhicule beaucoup de valeurs non agiles.
    Pour ce qui est de se plier au système … je t’invite à te demander ce que les 17 signataires du Manifeste Agile auraient fait dans ton cas 🙂
    Certaines personnes disent avec fierté qu’elles ont été formées à l’agilité par Alexandre Boutin … et j’ai la « vanité » de penser que cette référence a autant de valeur qu’une certification (tout comme celles de Claude Aubry, Thierry Cros, Laurent Morisseau, jean-François Jagodzinski … et bien d’autres membres de la Fédération Agile).

  2. Voici un billet qui fait plaisir à lire, Alex !
    C’est d’ailleurs un des sujets du moment, peut-être l’avènement de la certification agile fut-elle la goutte d’eau qui a fait débordé le vase ?
    Laurent Bossavit a très justement fait remarqué lors du Scrum Day que le principe de certification (contrôle) était tout simplement antinomique des valeurs de l’agilité ! On ne saurait mieux dire !
    Maintenant, un autre point attire tout autant mon attention: l’agilité s’étend rapidement: nous avons franchis la période des innovateurs (début des années 2000), puis celle des « early adopters » (disons de 2003 à 2007). Nous avons franchi le « chasm » de moore et somme désormais rentrés dans la phase de l’early majority !
    Or, il faut bien avouer qu’en tant que communauté, nous n’avons rien fait par rapport à cette situation. Sans doute parce que nous nous somme dit qu’il n’y avait rien à faire, à part évangéliser comme nous le faisons depuis 6 ou 7 ans ? Et l’extension rapide du mouvement agile a attiré de très nombreux « agilistes en peau de lapin », nous en avons parlé d’ailleurs ensemble.
    Comment aider ces nouveaux venus à faire le tri ? Toute cette population ne sait pas vers qui se diriger et elle est la proie de société marketingemment agressives, mais certainement pas agiles !
    Clairement, la certification n’est pas la bonne réponse. C’est une bonne « pompe à fric », mais ne répond pas aux attentes de la situation actuelle.
    Hélas, je ne vois pas quelle serait la bonne réponse. Continuons à chercher !

  3. Bonjour Alexandre,

    Pouvez-vous développer certification antinomique de l’agilité ?

    Certes, deux jours pour saisir les subtilités d’un nouveau paradigme c’est court.

    Mais quelle est la nature du problème :
    – le manque de sérieux des organismes de certification,
    – deux jours c’est trop court,
    – le terrain, rien que le terrain, donc une éventuelle certification doit s’appuyer sur vérification d’expérience,
    – une certification théorique ne garantie pas un savoir faire,
    – l’auto-organisation prônée par l’agilité n’est pas certifiable,
    – l’agilité, c’est apprendre à apprendre, et c’est une quête interminable,
    – le lean n’est pas certifiable (en fait si),
    – autre, à expliquer…

    Certains experts en agilité ont tendances à imposer ou uniformiser des pratiques plutôt que les laisser émerger des équipes. Bref, des experts qui croient en l’aspect auto-organisationnel de l’agilité, j’en n’ai pas vu beaucoup. Trouver le curseur entre faire passer un savoir et laisser émerger les pratiques, ce n’est pas facile. Est ce que le problème est là ?

    Lorsque que l’on compare avec le CMMI, connaître la norme par coeur ne conduit pas à une implémentation raisonnable et astucieuse en fonction du contexte. Est ce que le problème est là ?

    Etre Scrum master, c’est en pratique, décoincer tous les problèmes qui apparaissent, et cela ne s’apprend pas, Scrum étant juste là pour révéler les problèmes assez tôt avant que cela ne soit catastrophique. Est ce là le problème ?

    Cordialement,

    Alex : Attention à la confusion ! J’égratigne la notion de certification et absolument pas la notion de formation à l’agilité qui est pour moi un des fondamentaux de la réussite du passage à l’agilité. Le fait de certifier une formation n’est qu’une opération purement financière qui induit souvent en erreur les clients finaux à qui la Certification est souvent présentée comme synonyme de qualité du Scrum Master.

  4. Bonjour Alex,

    J’ai longtemps été agnostique sur le sujet et puis j’ai eu tendance à rejoindre ta position quand j’ai vu des certifiés tout neufs et sans connaissance approfondie du domaine devenir de (mauvaises) références de l’agilité pour leur entourage.

    Mais au final je crois que le problème de la certification c’est surtout ceux qui y croient.

    Il me semble que la communauté Agile est au clair sur la réalité de la certification. On en a tous plus ou moins quelques unes mais on sait ce que ça vaut et on ne l’étale pas.

    Ce qui du coup nous donne un bon indicateur pour qui veut trouver de la compétence Agile : se méfier de celui (ou de l’entreprise) qui met en avant sa certification plutôt que son expérience.

    Amicalement

    JF

  5. La formation, oui ! Elle fournit un starter kit.
    La certification, bof : elle laisse qu’on est « maître du sujet », alors qu’il n’en est rien.

    Chez nous, je compte la compétence agile en nombre de projets agiles, avec un entretien pour entendre ce que le candidat a compris du manifeste, par exemple.

    Les certifications agiles n’impressionnent que ceux qui ne savent pas ce que c’est !

    Comme tu le dis bien, c’est uniquement du business, et ça ne correspond pas aux valeurs de l’agilité !

    Ceux qui nous ont ouvert les portes de ces valeurs se sont eux-mêmes laissés rattrapés par les sirènes du dieu Euro !… Bien triste en fait 🙁

    Il reste à inventer autre chose.

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